Le poids de Manosque
Manosque, pôle attractif majeur, exerce une influence significative sur sa première couronne mais aussi étendue jusqu’aux communes les plus éloignées sur le territoire du pays, sur les cantons de Banon et de Reillanne.
La zone de chalandise de Manosque, de plus de 60 000 personnes, au-delà par conséquent du périmètre d’étude du pays, se répartit en trois niveaux qui marquent le taux de dépendance, plus ou moins fort, des communes à l’égard de l’appareil commercial de la ville centre, qui offre l’ensemble des services commerciaux, en centre ville et en périphérie, sur différentes grandes surfaces polyvalentes (alimentation, mais aussi jardinage, bricolage, …), boutiques et commerces.
Le premier cercle est constitué de communes proches, mais non ou très peu dotées de commerces suffisants, et/ou au caractère essentiellement résidentiel, ce qui amène leurs habitants, qui, le plus souvent, travaillent à Manosque à y faire leurs achats. Le taux de dépendance vis-à-vis des commerces et boutiques de Manosque pour les achats de la population des communes de Valensole, Corbières, Pierrevert, Montfuron, est supérieur à 70%. Un second cercle, composé de communes dont les habitants dépendent de Manosque pour 40 à 69% de leurs achats, concerne d’autres communes à sa proximité immédiate : Volx ou Villeneuve par exemple. Enfin, un troisième cercle, très large, rassemble des communes déjà éloignées comme Banon, Redortiers, Oppedette, Vachères, et bien d’autres, sur lesquelles le taux de dépendance aux commerces et boutiques de Manosque en matière d’achats est compris entre 17 et 39%¨, ce qui traduit certaines lacunes du tissu artisanal et commercial des zones rurales.
En matière de services, Manosque joue le même rôle d’accueil à l’échelle du pays parce qu’il est possible d’y trouver, sinon l’intégralité du moins l’essentiel des différents besoins ou prestations que les habitants recherchent. Ainsi, il est à signaler un centre hospitalier général, plus gros employeur du pays avec 450 agents, qui dispose de la seule maternité du territoire (plus de 600 accouchements pratiqués chaque année), qui maîtrise différentes spécialités : depuis la chirurgie lourde jusqu’à la pause de pace-makers ou de prothèses orthopédiques, ou la célioscopie par exemple. On signalera à ce propos qu’il est projeté actuellement par les responsables locaux la réalisation d’un nouvel hôpital dans les 5 à 10 ans. Si une part de la population qui doit bénéficier de soins hospitaliers s’évade sur des centres de plus grande envergure (Aix, Marseille, Digne ou Gap) par un effet de confiance accrue dans la qualité des soins prodiguée à une structure de plus grande taille, il semble (peu de données chiffrées disponibles, compte tenu tout simplement de la difficulté à mesurer de manière fiable ce type de phénomène) que ceci soit plutôt marginal, même si certains patients nécessitent d’être envoyés sur des hôpitaux plus adaptés, mieux équipés. Une clinique, ainsi que la présence de cabinets dans presque toutes les spécialités médicales, ajoutent à la richesse de l’offre manosquine en matière de santé.
Si Manosque n’est pas la seule commune du pays à offrir un collège à la population (Banon et Forcalquier en ont un aussi), c’est en revanche la seule à y disposer d’un lycée d’enseignement général et d’un lycée professionnel. Dans le cadre de l'acceuil du projet ITER, la construction d'un lycée international est en cours.
En revanche, et ceci est à l’évidence un manque important sur le pays, il n’existe qu’une offre en matière d’enseignement supérieur, un BTS commercial au sein du Lycée Esclangon de Manosque.
Forcalquier, pôle intermédiaire
Forcalquier, qui bénéficie du statut de sous-préfecture, et des activités qui en découlent (notamment présence d’actifs de la fonction publique), d’un passé historique toujours très vivace, d’une réputation méritée de terre de culture, dispose de deux supermarchés, d’un tissu commercial assez dense, d’un marché très réputé et très fréquenté le lundi matin.
En termes d’équipement aussi, Forcalquier couvre une palette large des besoins de la population des communes environnantes, notamment un collège et différents équipements sportifs, en particulier une piscine. On peut noter aussi une structure hospitalière tout à fait significative, qui emploie une centaine de personnes, ainsi qu’un centre d’accueil spécialisé, lui aussi gros employeur (environ 120 personnes).
Par ailleurs, services sont présents à Forcalquier : des permanences des divers organismes sociaux se tiennent régulièrement dans le Centre médico-social et concernent les questions d’aide sociale à l’enfance, de logement, de consultation pour femmes enceintes et nourrissons. Le Point Public, ouvert en 1996 - à destination des habitants des cantons de Forcalquier, de Banon, Reillane et de St-Etienne les Orgues - propose pour sa part l’accès rapproché aux services de l’ANPE, de la Mission Locale, de la CAF, de la CPAM, des permanences spécifiques au dispositif RMI, ainsi que l’accès à plusieurs associations œuvrant sur le champ social. Il se révèle d’année en année être un outil de proximité de première importance, indispensable pour un accès facilité aux services administratifs et sociaux de base des populations.